Archives pour l'étiquette karma

Appréhensions à la veille de naître

« Tout se tait. Je suis monté sur scène. Je m’adosse à la porte et j’entends, Assourdi comme une voix lointaine, Un écho de tout ce qui m’attend.

La nuit noire a fait de moi sa cible Et braqué cent jumelles sur moi. Abba père, fais, s’il est possible, Fais que ce calice ne m’échoie.

Ton dessein têtu, pourtant je l’aime, Et ce rôle même est à mon gré, Mais un autre drame tient la scène: Donne-moi pour cette fois congé.

Mais on a pesé l’ordre des actes Et le terme, irrévocablement. Seul. Partout les pharisiens sont maîtres. Vivre est plus que traverser un champ. »

Boris Leonidovitch Pasternak.

 

Le karma

Chaque action produit un résultat. La cause précède toujours l’effet. Le karma est la loi de la cause et de l’effet. La loi de la cause et de l’effet est une explication qui peut difficilement être compatible avec la notion d’un Dieu créateur.

L’acceptation de l’explication du karma sous-entend que nous, et nous seuls (et non Dieu) sommes maîtres de notre destin, sommes responsables des situations, bonnes ou mauvaises, apparues dans notre vie.

Toutes les actions, paroles, pensées se mémorisent et passent d’une renaissance à une autre. Le karma n’est jamais perdu.

Le karma est précis. Une action vertueuse suscitera des résultats positifs, une action non vertueuse apportera des souffrances.

Le karma et la renaissance explique:

-que les souffrances que nous subissons, sont notre propre oeuvre.

-les inégalités du genre humain: pourquoi certains sont nés « mieux lotis » que d’autres ».

-les destinées différentes dans une même fratrie.

-les passions spontanées négatives, comme la colère, la jalousie, l’envie, la cupidité…

-l’attirance et l’antipathie au premier regard.

-notre bon côté et notre part d’ombre, héritages des vies antérieures.

-les changements de fortune, de destinée, les décès prématurés, les accidents.

-la renaissance des guides spirituels, tels les lamas, des génies, comme Einstein ou Mozart.

Il y a trois manifestations du karma (ou les bonnes ou mauvaises actions ont trois types d’effets karmiques). Dans la vie présente, le karma est:

-celui dont les résultats se font sentir dans la vie présente. Par exemple, pour quelqu’un qui fume pendant de nombreuses années, il n’y a pas d’autre responsable que lui dans le fait d’avoir un cancer.

-celui dont les résultats se font sentir dans la vie suivante.

-celui dont les résultats sont ressenties après plusieurs vies, comme si cette mémoire attendait les circonstances favorables pour resurgir.

Un autre corps pour mon âme

Je me suis longtemps demandée pourquoi l’on ne se rappelait pas nos vies passées.

Je me disais que si on s’en rappelait, cela serait plus facile pour comprendre nos modes de fonctionnement, nos façons de penser, de voir les choses, pourquoi nous avions telle ou telle tendance comportementale, pourquoi nous sommes si accrochés à nos croyances, nos valeurs, nos idéaux, pourquoi nous avons tant de limitations dans un domaine et au contraire pourquoi nous sommes à l’aise dans un autre domaine.

Je commençais à pester contre le ciel et demandais des réponses, avec insistance et reproches, je l’avoue.

Et puis, coïncidence, je commande trois livres sur Amazone, je tombe sur un article sur Psychologies magazine parlant de réincarnation, j’écris à l’auteur de l’article qui me répond le soir même et qui me recommande un des trois livres : Un autre corps pour mon âme de Michael Newton, hypnothérapeute et docteur en counselling. Je commence par lire celui-là. Là, j’ai été secouée.

Mais la réponse à cette question : pourquoi ne nous souvenons-nous pas de notre passé à cette vie n’était pas dans ce livre. En suivant, pressée par le temps car je voulais tout lire avant de reprendre le travail, j’entame la lecture de Réincarnation et Biologie du psychiatre Ian Stevenson et …..

En trois livres, j’avais la réponse à des tas de questions que j’avais en tête et des pistes pour me soigner des problèmes de santé qui m’empoisonnent la vie.

Pour en revenir à ma première question : pourquoi ne nous souvenons-nous pas de notre passé à cette vie, Ian Stevenson a étudié (avec une équipe) 2600 cas dans le monde, d’enfants qui disent se souvenir d’une vie antérieure.

Les premières conclusions m’ont largement éclairée.

Pendant l’enfance, se souvenir d’une vie antérieure, n’est presque jamais une expérience agréable.

Certains enfants ont des troubles d’identité. Chez d’autres, la confusion s’accentue, quand ils sont conscients d’être dans un petit corps, avec le souvenir d’avoir vécu dans un corps d’adulte.

Il y a ceux qui se souviennent d’avoir vécu une vie comme personne du sexe opposé, avec la possibilité de rester fixé de façon intransigeante au sexe de la vie précédente, au point de devenir homosexuel ou transexuel. L’on parle aujourd’hui de transidentité, qui est le sentiment d’être né dans le mauvais corps à la naissance, en général dès l’enfance. Elle n’est pas un choix et elle peut s’affirmer à tout âge et génère le plus souvent un conflit intérieur, un mal profond, mais surtout un malaise social, la personne concernée ne pouvant se reconnaître dans les rôles et apparences traditionnellement attribués aux hommes et aux femmes.

Et il peut s’ajouter un problème de loyauté entre les familles présentes et les familles précédentes.

Dans l’astrologie que je pratique, je retrouve le personnage d’avant et selon les histoires passées, le personnage de plusieurs vies, avec la façon de penser et de se comporter, qui, bien souvent ne change pas dans cette vie. Je peux dire quel est le projet de vie principal… Une carte du ciel est comme une carte mémoire.

Pour certains, la lecture du thème est un déclic. Une vision nouvelle pénètre dans leur esprit et du coup, ils voient leur vie différemment. Cela remet en cause tout un ensemble de croyances et modifie leur comportement à un niveau profond.

Mais pour d’autres, elle n’est que le début d’une longue recherche de soi, au passé, en passant par divers thérapeutes, afin de revenir en arrière, pour chercher à comprendre par le vécu qui ils sont aujourd’hui. Une fois adulte, beaucoup de clients ont besoin de passer par leurs cinq sens, de re-vivre les scènes du passé, de retrouver les lieux de vie, les visages des proches.

Alors, doit-on se rappeler nos vies passées et quand la mémoire doit-elle revenir ? Tout le monde n’a pas l’opportunité ou les moyens de passer par un thérapeute expérimenté.

Dans le livre de Michaël Newton, j’ai trouvé des réponses ou plutôt des confirmations de la certitude que l’on élabore un projet de vie, quand nous nous trouvons prêt à nous réincarner.

Il est dit dans ce livre que nous choisissons à l’avance, le cours principal de notre vie, mais qu’il existe toujours des options qui sont également riches en enseignements.

Nous avons des signes de reconnaissance sur notre route pour nous guider sur notre chemin, des indices précis, mais il ne faut pas trop intellectualiser les événements futurs. En suivant son intuition, l’on reconnait ces indices, petits cailloux semés sur le chemin (comme l’aurait fait le petit Poucet).

Il est dit aussi que le karma n’est que le résultat des actions positives et négatives accomplies au cours de la vie. C’est une loi de causalité et de justice dont nul ne peut y échapper. Et le critique le plus sévère qui soit, envers nos actes passés, c’est nous-mêmes.

Les Quatre Accords Toltèques

En physique, le principe de cause à effet s’explique. Il n’y a pas d’effet sans cause. Dans la vie quotidienne, nous l’admettons très bien. Nous nous attendons à ce que nos paroles, nos actions engendrent des transformations, des réactions de la part de notre entourage. Nous espérons toujours obtenir des résultats de nos interventions sur le monde.
En astrologie karmique aussi.
D’où vient cette personnalité qui s’inscrit de façon évidente dans un thème de naissance?
Le karma
Nous sommes héritiers génétiques de nos parents. Nés dans une même famille, nous devrions tous être héritiers du comportement dominant du groupe natal. Pourquoi donc y-a-t-il dans une même famille des divergences d’adaptation au milieu natal?
J’ai trouvé dans le livre d’Anne Givaudan (Les neufs marches) une expression qui résume bien cela: nous somme la somme de tous nos passés. Et dans un de ses interviews, elle dit de la terre qu’elle est une planète école. Je dis souvent à mes clients que chaque vie est une année d’école, avec des leçons à apprendre. Il ne tient qu’à nous d’être bons élèves.
Ne pourrait-on pas supposer que nous ayons une personnalité, un caractère bien à nous dès la naissance?
De nos jours où les enfants sont élevés dans une relative liberté, nous pouvons constater qu’ils manifestent leur caractère dès les premiers jours de la vie.
Ce qui est latent demande à se manifester. Nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, parce que d’autres ont projeté dans leurs rêves la vie que nous menons aujourd’hui. La puissance créatrice du désir (comme celui du refus) nous fait revenir de vie en vie.
Le dharma
L’inertie du karma, cependant, tend généralement vers une répétition de vieux schémas, vieilles valeurs et façons de faire traditionnelles.
« L’action du dharma sur le karma est la raison de nos multiples crises, au moment où nous atteignons un certain niveau d’évolution. Le dharma nous met constamment au défi d’arrêter d’agir comme une créature du passé et de devenir, en même temps que les autres « véritables » individus, créateur du futur. A des niveaux strictement personnels, le défi est de travailler à devenir un agent focalisateur au travers duquel l’humanité (le Champ de l’Âme) puisse réaliser une finalité particulière ». Alexander Ruperti.

Ouspenski dit que les possibilités de l’homme sont immenses, mais que dans la conscience de l’homme endormi que nous sommes, nos illusions, nos rêves se mêlent à la réalité. Nous vivons dans un monde subjectif qui nous empêche de faire usage de tous les pouvoirs que nous possédons.
La cosmologie bouddhique traditionnelle distingue trois sphères: la sphère du désir, la sphère de la forme et la sphère de la non-forme. Nous nous trouvons présentement à l’intérieur de la sphère du désir.
C’est parce que nous tendons à vivre et à agir uniquement en termes de désirs et de buts personnels, que nous trouvons la vie si difficile (les désirs et les buts nationaux en sont l’équivalent collectif).
La carte du ciel représente nos tendances latentes, nos croyances, nos valeurs. L’entité qui préside chaque naissance a déjà un a priori sur son image, sur celle du sexe opposé, sur ses parents, etc., en fonction des expériences qu’elle a vécu autrefois, des rôles qu’elle a « joué, des costumes qu’elle a endossé et de ce qui lui reste dans sa mémoire inconsciente.
Il n’est pas aisé de sortir des règles et des comportements que l’on s’est obligé à respecter dans nos passés antérieurs. Notre positionnement actuel dans tous les rôles que nous tenons dans cette vie, révèle comment nous avons vécu les mêmes rôles que nous « jouons » dans cette vie et quelles conclusions nous en avons tiré. Souvent, nous manifestons un attachement tenace aux formes anciennes d’expression, et il est difficile d’aborder avec un esprit neuf des rôles qui sont entachés de peurs, de regrets et de désirs.


A quoi sert de travailler son thème natal?
« Il y a des gens capables non seulement de « considérer » l’injustice ou le peu de cas que l’on fait d’eux, mais de considérer même le temps qu’il fait. Cela semble ridicule, mais cet un fait: les gens sont capables de considérer le climat, la chaleur, le froid, la neige, la pluie; ils peuvent se fâcher et s’indigner contre le mauvais temps. L’homme prend tout d’une façon personnelle; comme si tout dans le monde avait été spécialement aménagé pour lui faire plaisir, ou au contraire pour lui causer des désagréments et des ennuis ».Ouspensky- Fragments d’un enseignement inconnu.
En travaillant notre thème, nous voyons que nous faisons nous-même toutes ces choses pour lesquels nous critiquons les autres. Nous apprenons à être bienveillant envers nous-même, à nous lier d’amitié avec la personne que nous sommes déjà. Entrer en amitié avec nous-même, c’est entrer en amitié avec tous les gens qui nous agacent dans la vie, tous ceux que nous critiquons, tous ceux sur lesquels nous portons des jugements.
Le travail ne consiste pas à se défaire du moi, mais plutôt à s’intéresser à soi-même, à être curieux à son propre sujet.
Il n’est point besoin de rejeter ce que nous sommes, de nous transformer. Nous pouvons rester coléreux, influençable, timide ou égoïste…
Non. Cela a quelque chose à voir avec la curiosité.
Le terrain, c’est nous.
C’est voir comment nous fuyons continuellement le moment présent, comment nous évitons d’être tel que nous sommes. Juste voir.
Puis nous pouvons faire mieux :
Avoir toujours une parole impeccable, comme dit Don Miguel Ruiz (Les Quatre accords Toltèques), en commençant envers vous-même. « Vous pouvez évaluer le degré auquel votre parole est impeccable à l’aulne de l’amour que vous avez pour vous-même. L’intensité de votre amour-propre et les sentiments que vous nourrissez envers vous sont directement proportionnels à la qualité et à l’intégrité de votre parole. Lorsque celle-ci est impeccable, vous vous sentez bien ; vous êtes heureux et en paix ».
Il dit encore que quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. Nous partons du principe que tout ce qui arrive nous concerne…Nous pensons être responsable de tout… En en faisant une affaire personnelle, nous nous efforçons de montrer que l’on a raison, en imposant notre opinion aux autres.
Et puis, ne faites pas de suppositions. Nous prenons les choses personnellement. Nous prêtons des intentions à autrui, faisons des suppositions à propos de tout. Nous croyons qu’elles sont vérité. Nous en voulons à ceux sur qui nous faisons les suppositions. Nous méditons sur la base de ces suppositions, ce qui provoque des incompréhensions.
Et le dernier accord suggère de faire de son mieux. En faisant de son mieux, ce n’est qu’une question de temps pour arriver à respecter les Quatre Accords Toltèques.

La sagesse vise à réorganiser les mécanismes de pensée pour ne plus en être esclave, à revenir sans cesse à la réalité telle qu’elle se présente, et à acquérir l’intelligence d’une moralité consciente, non soumise aux variations circonstancielles. La recherche porte essentiellement sur l’adhésion à certaines lois personnelles qui nous permettent de demeurer en paix mentalement. Juste une orientation constante de l’attention sur le réel, sur les pensées, les comportements. Vous pouvez continuer à penser, dire ou faire, comme d’habitude, tout en étant attentive, curieuse à ce que vous pensez, dites ou faites. C’est tout. Observez-vous. Peu à peu, vous reverrez vos modes de pensées et de fonctionnement. Cela n’exige ni combat, ni sacrifice, juste un regard sur vous-même et l’idée qu’il pourrait, pourquoi pas, en être autrement. Et là, vous apprenez la bienveillance envers vous-même (et par le même coup pour les autres).